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Politique du président Macron et appui de la France aux hégémons régionaux : vers un « gaullisme européen » ?

Tout Etat cherche à survivre. Mais tout Etat cherche aussi à vivre libre. L’Etat se retrouve alors parfois confronté à un choix : maintenir son existence dans la soumission à une autre entité politique, ou refuser de perdre sa liberté au risque de disparaître. Thucydide, dans Histoire de la guerre du Péloponnèse, évoque le débat entre les représentants de l’île de Mélos et ceux de l’Empire athénien durant ce conflit, et rappelle alors ce qu’il se passa quand la petite île grecque fut confrontée à la proposition cruciale des athéniens : Mélos devait choisir entre s’allier (ou plutôt se soumettre) à Athènes, ou refuser et être rasée par cette dernière. La fragile Mélos, préférant la liberté à la survie, considérant que l’une n’allait pas sans l’autre, fit le second choix : elle fut alors rayée de la carte.

Cette vision exprimée dans le « Dialogue mélien », a maintenu son sens durant les époques successives, y compris au sein des relations internationales contemporaines. Le fait que tout Etat cherche à survivre, et surtout à survivre libre, paraît être particulièrement intéressant pour analyser la stratégie actuelle de la France au niveau internationale.

Au monde bipolaire de la guerre froide, dominé par les Etats Unis au sein du bloc occidental et par l’URSS au sein du bloc communiste, succéda un monde unipolaire, dans lequel les Etats Unis se posent en « gendarmes du monde » depuis 1991. Mais aujourd’hui, les caractéristiques des conflits contemporains, conduisant à des nombreux échecs de la part des puissances traditionnelles, ainsi que l’émergence de nouvelles puissances, ont rebattu les cartes. Dans ce nouveau monde, la France cherche sa place, et une tendance semble alors se dessiner.

Avec la fin de la domination sans partage dans Etats Unis sur le monde, les puissances traditionnelles semblent recouvrer une liberté d’action stratégique qu’on ne connaissait plus : la France a décidé d’utiliser tous les atouts à sa disposition pour s’intégrer pleinement dans la reconfiguration du système international. Si le monde unipolaire américain prend fin, il faut s’assurer qu’une nouvelle puissance dominante ne le remplace pas, cette vision étant principalement tournée à l’encontre de la République Populaire de Chine. La France a donc adopté une stratégie appuyée sur ce que l’on peut nommer les « hégémons régionaux », c’est à dire les puissances régionales qui ne disposent pas encore d’un rang mondial, mais dont les intérêts semblent concorder à ceux du pays des Lumières.

Parmi ces Etats, certains semblent ressortir clairement ces dernières années, et plus particulièrement ces derniers mois dans l’actualité : l’Egypte, l’Arabie Saoudite, l’Australie, et bien sûr l’Inde. Ces Etats, tout comme la France, ne veulent pas envisager un futur où ils devront avoir à choisir entre les Etats Unis ou la Chine, tout comme certains avaient choisi la troisième voie des « non alignés », le « ni Kennedy, ni Khrouchtchev », durant la guerre froide. Ils présentent également un intérêt majeur pour la France : une forte demande militaire et des lacunes technologiques les empêchant de développer leurs propres systèmes d’armes. Ces derniers cherchent donc à régler ces questions sans se soumettre à un hégémon mondial ou à une autre puissance de leur région : la France semble donc une solution stratégique de premier plan. Chaque Etat veut donc survivre, mais de préférence en demeurant maître de son destin.

L’Inde, puissance émergente et premier contrepoids de son voisin chinois, rare détentrice de l’arme nucléaire en dehors des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, semble alors être l’allié idéale. Les partenariats avec la France se sont renforcés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, surtout dans le domaine aérien avec un achat massif d’avions de fabrication française tels que le Mirage 2000 et aujourd’hui le Rafale. Les Indiens cherchent un fournisseur disposant d’un niveau technologique élevé pour rattraper leur retard sur l’Etat chinois, tout en s’assurant de ne pas risquer une domination stratégique. Quant aux français, ils bénéficient alors d’une très forte demande de matériels militaires, venant d’un Etat qui doit assurer la protection d’un milliard quatre cents millions d’âmes. De plus, l’Inde s’assure le soutien d’un membre disposant d’un des cinq sièges permanents, et donc d’un veto, au Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce soutien fut d’ailleurs assez explicitement énoncé il y a quelques jours, dans un communiqué de l’Elysée suite à la frappe de l’aviation indienne visant un camp terroriste sur le territoire pakistanais, le 26 février dernier : l’Etat français appelle logiquement à la désescalade, mais rappelle le droit de l’Inde à protéger son territoire et ses ressortissants contre les attaques terroristes.

L’Egypte, puissance émergente tournée vers l’Afrique et le Moyen Orient, contrôlant le très stratégique canal de Suez, a également vu la France se tourner vers elle. L’Etat égyptien a l’avantage d’avoir retrouvé une certaine stabilité sous la présidence du général Al Sissi suite à la Révolution de 2011, chose assez rare dans une région troublée par les conflits libyen et syrien. Le proche partenariat entre les deux Etats s’était traduit, tout comme l’Inde, par la livraison de Mirage 2000 et de Rafales ces dernières années. Un autre élément majeur au sein de cette relation est la livraison par la France des deux porte hélicoptères de classe Mistral, les nouveaux navires amiraux de la marine égyptienne, initialement commandés par la Russie mais finalement vendus aux égyptiens suite à la crise de Crimée et le refroidissement des relations franco-russes.

Par ailleurs, le lancement de la mission Clémenceau, marquant le retour en mer du porte-avions Charles de Gaulle, se traduira par l’enchaînement de deux exercices bilatéraux dans les mois qui s’annoncent : l’exercice franco-égyptien « Ramsès », suivie de l’exercice franco-indien « Varuna ». Un indice clair sur la volonté française de soigner sa relation avec ses deux proches alliés, mais aussi de s’installer durablement sur un axe maritime que la Chine souhaite contrôler dans le cadre de sa politique des « nouvelles routes de la soie ». Cette dernière cherchant en effet à isoler l’Inde et à contrôler l’Océan éponyme, avec la construction de plusieurs bases militaires dans la région allant de Djibouti au Cambodge, et passant par le Sri Lanka et le Pakistan : cette stratégie a alors été qualifiée de « collier de perle chinois ».

Après l’Afrique et l’Asie, la France se tourne vers l’Océanie : l’Australie cherche également un allié de poids dans le Pacifique, surtout pour se préparer face au gain d’influence de l’Etat chinois dans la région, qui développe une marine de niveau mondial et étend son influence dans les mers asiatiques grâce aux îles artificielles, bénéficiant ainsi de ce qui semble être un vide juridique du droit international. Pour cela, la puissance océanienne vient de signer un contrat de 31 milliards d’euros, prévoyant la construction et la livraison de douze sous-marins par l’industriel français Naval Group. Le renforcement de ce partenariat stratégique avec un membre majeur du Commonwealth, et donc proche du Royaume Uni, est d’autant plus symbolique. L’Australie reste bien sûr très liée aux anglo-saxons (américains et britanniques), mais la possibilité d’un retour (modéré) de l’isolationnisme américain peut annoncer un risque dans leur volonté stratégique sur long terme de concurrencer la Chine dans le Pacifique ou l’Océan indien, ce que redoute l’Australie. Or, la France semble s’inscrire durablement dans la région, la raison principale étant la présence des territoires de la Polynésie française et de la Nouvelle Calédonie, même s’il est vrai qu’une indépendance prochaine de cette dernière demeure possible.

Cette trajectoire stratégique française semble donc avoir été entreprise depuis plusieurs années par les dirigeants successifs, mais la présidence Macron apporte une vision nouvelle que l’on peut considérer comme étant contradictoire, voir schizophrène, dans la conduite à suivre. En effet, le Président Macron semble se poser en héritier de la philosophie gaulliste (rappelons l’ouvrage mémoires de guerre du général présent sur sa photo officielle, ou encore son choix d’apposer la croix de Lorraine sur les armoiries républicaines). Cette position semble se retrouver dans la politique étrangère française, visant à dialoguer et s’afficher avec tous dirigeants, même controversés, dans la plus pure tradition gaulliste. L’Arabie de Ben Salmane, l’Egypte d’Al Sissi ou encore la Russie de Poutine (ce dernier ayant même été accueilli au Palais de Versailles par le président Macron nouvellement élu), qu’importe. De la même façon, le président Macron n’hésite pas à froisser son plus grand allié, le mastodonte américain, en s’opposant clairement à la politique internationale du président Trump et en reprenant le flambeau laissé par Barack Obama du leadership environnemental, avec l’annonce du très théâtral slogan « Make our planet great again », un pied de nez appuyé au candidat Trump.

Pourtant, cette vision s’éloigne sur de nombreux points de la « France éternelle » défendue par le général De Gaulle, quand on sait la volonté du président Macron de pousser plus loin la construction européenne. Au niveau international, le président français ne souhaite pas remettre en cause ses partenariats pour des raisons tenant à la politique interne de ses alliés : il fut d’ailleurs fustigé par beaucoup pour son soutien à l’Egypte, accusée de porter atteinte aux droits de l’homme dans sa lutte antiterroriste, ou encore pour sa position envers l’Arabie suite à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, mais également suite à l’accusation selon laquelle des armes français seraient utilisées par l’armée saoudienne au Yémen.

En revanche, concernant la politique interne des Etats risquant de porter atteinte au projet européen cher au président Macron, celui-ci n’hésite pas : il fait alors référence à la « lèpre populiste » touchant l’Italie pour qualifier l’extrême droite de Matteo Salvini, aujourd’hui homme fort du gouvernement italien, et s’oppose frontalement à la politique soliste et autoritaire du président hongrois Viktor Orban. La volonté d’Emmanuel Macron est claire : le futur de la France est étroitement lié au futur de l’Union européenne, ce qui est certes dans une relative continuité avec la politique de ses prédécesseurs, mais cela semble cependant marquer une rupture sur le projet atlantiste.

Dans ce projet européen, l’Allemagne n’est donc pas en reste : la chancelière Merkel, froissée par la présidence Trump, voit d’un très bon œil la mise en place d’une défense et d’une diplomatie commune européenne, notamment en poursuivant l’augmentation des moyens consacrés à la défense de son pays, pour recréer à moyen terme une armée allemande fonctionnelle et capable de participer à des interventions d’ampleur à l’étranger. L’Allemagne cache également de moins en moins ses envies d’une influence accrue sur les affaires internationales : Annegret Kramp-Karrendeur, la nouvelle présidente de la CDU à la suite d’Angela Merkel, a évoqué récemment la volonté du gouvernement allemand de doter l’Union européenne d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies, et appel donc à « l’européanisation » du siège français. Un pas de plus dans la lignée du « partage de diplomates » entre l’Allemagne et la France énoncé dans le Traité d’Aix la Chapelle, signé le 22 janvier dernier. L’Union européenne semble clairement choisir la trajectoire de l’autonomie stratégique, et ne veut plus être dépendante des Etats Unis comme elle le fut par le passé face à l’Union soviétique, et comme elle l’est actuellement au sein de l’OTAN. Cette politique européenne accorde donc une place centrale à la France, dernier détenteur de l’arme nucléaire et d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU dans l’Union suite au départ du Royaume Uni. Cela explique en grande partie la volonté du président Macron et de la chancelière Merkel d’approfondir la relation franco-allemande.

Et l’Amérique dans tout ça ? Si le projet européen est plus que jamais relancé, c’est surtout car les alliés traditionnels des Etats Unis, et membres de l’OTAN, se sont aperçus que les présidences américaines successives pouvaient bouleverser le système international, et que les intérêts communs entre européens et américains ne sont plus garantis sur le long terme. Comme nous l’avons vu, la France veut s’assurer la pleine maitrise dans son choix de stratégie internationale future, et donc ne pas avoir forcément à choisir une puissance face à une autre. Mais si la France le souhaitait, pourra-t-elle encore se tourner vers son ancestral allié américain ? La présidence Trump s’est caractérisée par un certain retour au « nationalisme » à l’américaine, un nationalisme traditionnel caractérisé par l’isolationnisme, mais aussi par une stratégie rappelant fortement la doctrine Monroe énoncée il y a presque 200 ans : les Etats Unis se tiennent loin des affaires mondiales, mais le continent américain, du Nord au Sud, demeure leur chasse gardée. La décision américaine de retirer leurs troupes de Syrie, ainsi que de mettre fin aux exercices bilatéraux avec les Sud-Coréens dans le cadre des négociations avec la Corée du Nord, contraste fortement avec l’annonce d’une possible intervention militaire au Venezuela : ces décisions dans un premier temps surprenantes semblent au final suivre logiquement l’ancestrale doctrine du président Monroe. La position américaine semble d’ailleurs se conforter clairement avec l’idée du monde multipolaire qui s’annonce, car le retrait américain de certaines affaires internationales, va conduire à l’émergence de puissances régionales indépendantes, comme la Corée du Sud qui semble se retrouver de plus en plus seul face à son frère du Nord, ou encore le Japon, qui cherche à retrouver son indépendance stratégique et souhaite modifier l’article 9 de sa Constitution. Ce dernier énonce en effet « la renonciation à la guerre », un vestige des accords de paix conclus avec les Etats Unis après la défaite japonaise en 1945.

Chaque Etat veut donc survivre, mais de préférence en restant indépendant. La philosophie de la « France éternelle » gaulliste suivait cette idée, et considérait que la dissolution de la France au sein d’une alliance dominée par les Américains, ou d’une Europe fédérale autour du nouvel Etat allemand, ne pouvait correspondre à cette volonté. Aujourd’hui, la plupart des positions politiques françaises s’alignent sur une volonté d’indépendance stratégique, et les partenariats militaires et commerciaux avec les puissances régionales ne semblent rencontrer aucune opposition au sein de l’Hexagone. En revanche, deux visions s’opposent : la France ne peut elle survivre, et maintenir son indépendance face aux mastodontes mondiaux que sont les Etats chinois et américain, qu’au sein d’une Europe fédérale au risque de limiter son indépendance nationale ? Ou au contraire, doit-elle se détacher de l’Union européenne pour fonder sa survie et son indépendance sur un lien renforcé avec les hégémons régionaux ? Les élections européennes qui s’annoncent, apporteront peut-être un élément de réponse à ce choix cornélien.

GODARD Léo


Zoran Đinđić: the story of the Serbian Kennedy

Although not well known across Europe, Dr. Zoran Đinđić is probably one of the most important and emblematic politicians in the history of the young Republic of Serbia. During his life, he was one of the main opponents of Slobodan Milošević and one of the artisans of his overthrow in October 2000. During his two years and a half term as Prime Minister, he was the one who gave hope to an exhausted population with his charisma, his ideas and his will to fully re-establish the rule of law and democracy in Serbia.

His party and him were the first to launch the idea of an adhesion of Serbia and Montenegro (officially the State Union of Serbia and Montenegro) to the European Union. His dramatic and brutal assassination in 2003 left an empty space in Serbian politics, a space which remains empty to this day. The lack of charismatic, strong-willed and dedicated leaders is one of the reasons why Serbian political life today is crippled. Zoran Đinđić once represented hope for an entire generation, one fresh out of a war and shouting for democracy.

Early life

Zoran Đinđić was born in 1952 in the Socialist Republic of Bosnia and Herzegovina, one of the constituent republics within the Socialist Federal Republic of Yugoslavia. His father was part of the Yugoslav People Army and his mother was a housewife. Soon after his birth, his family moved to Belgrade, capital of Yugoslavia. Đinđić was raised there, maturing over time a strong interest in philosophy and politics. Although Yugoslavia was freer than any of the countries of the Warsaw Pact, these interests still had the potential to be dangerous in such an autocratic state.

In the Seventies, he enrolled in Belgrade Faculty of Philosophy and depicted himself as a “reformist and democratic socialist”. His attempts to form an independent Students’ Union at his university were met with strong disapproval by the regime, which resulted in a conviction by the communist authorities. This contributed to his decision to emigrate to West Germany after graduating from the Belgrade faculty in 1974.

Zoran Đinđić's student card in West Germany
Zoran Đinđić’s student card in West Germany

He obtained a Ph.D. in Philosophy from Konstanz university in 1979, and stayed in Germany for a decade before returning to Yugoslavia. Eventually, he took up a philosophy chair in the University of Novi Sad in 1989. The year of his return corresponded to the sudden resurgence of multipartism in a crumbling Yugoslavia. The political landscape of the Nineties’ Yugoslavia was incredibly troubled. Even though there were regular formal elections, Milošević and his Socialist Party of Serbia (SPS) were meddling with electoral results, manipulating results and trying to intimidate opponents. Đinđić saw the chance for change and took it: in December of the same year he founded, together with other opponents of the regime, the liberal Democratic Party (Demokratska Stranka in Serbian). It was the first opposition and non-communist party to exist in the country, a true upheaval in the Yugoslav political sphere.

The year 1990 would sign the beginning of his budding career: Đinđić got elected to the Serbian Parliament and his party’s Executive Board Chairman. The party split only two years later, in 1992, with the more right-wing elements deciding to leave and found the Democratic Party of Serbia under the guide of Vojislav Koštunica. This split would prove to be a blessing in disguise for Đinđić’s political career, allowing him to gain leadership of the Democratic Party in 1994.

The political springboard

Đinđić’s political career truly started in 1995, when he got re-elected as the head of the Demokratska Stranka and his party expelled all of the members who looked favorably to the Socialist Party of Serbia, the ruling party. The opposition to Milošević effectively started to become stronger and more organised. During the 1996 municipal elections, the Democratic Party and Đinđić formed into a coalition with other opposition parties and attacked one of the strongholds of the regime: Belgrade’s town hall.

Zoran Đinđić was elected as Belgrade’s new mayor at the end of 1996, and two others major cities in Serbia fell into the hands of the opposition thanks to his campaigning: Novi Sad and Niš. Milošević and his government initially refused to acknowledge the results of the election, leading to the first wave of protests from an exhausted. Losing popularity at a worrying rate and under pressure both from citizens and from the international community, Milošević eventually stepped aside and allowed Đinđić to take his place in Belgrade’s town hall. At this time, Đinđić’s popularity truly started growing, and the parts of the population in disagreement with the government began to view him as the one who would bring change and hope to Serbia, after a series of crises in the Eighties.

Đinđić's Belgrade elections poster
Zoran Đinđić’s campaign poster for the Belgrade municipal election. His slogan, “Pošteno”, can be translated as “Justice”-

The Democratic Party, under his recommendation, decided to boycott the upcoming 1997 parliamentary election. Unfortunately for Đinđić, such a move caused a rift in the coalition which had allowed him to be elected to mayor in the first place. Seeing the internal disagreements in the coalition, he SPS took this as an opportunity to vote out the dangerous opponent. In September 1997, Đinđić was voted out of his position. Nevertheless, this short term as Belgrade mayor once again increased the popular support towards him and the Democratic Party, mostly thanks to the perceived “eviction” by the regime.

Some months later, in February 1998, the troubles in Kosovo between the Kosovo Liberation Army (KLA), the armed wing of Kosovars independentists and Serbian forces lead to the beginning of Kosovo War, the last war in the Balkans. Đinđić, together with many other opposition members, condemned Belgrade’s intervention and stood firmly against the crimes committed on the ethnic Albanian population, as well as those of the KLA on Serbian civilians.

This vocal opposition posed a significant threat to Milošević, who was trying at this time to reinforce his legitimacy by taking down his opponents by having his secret services assassinate them. As the war was raging and NATO began to strike Yugoslavia in the optic of forcing them to withdraw from Kosovo, Slavko Ćuruvija, an anti-Milošević journalist and friend of Đinđić, was brutally murdered in April 1999, during Orthodox Easter. Learning that he, too, was on the brink of being assassinated by the regime’s secret services, Đinđić left Serbia and sought shelter in Montenegro.

The return to Serbia

The end of Kosovo war in June 1999 saw a traumatized population and a country going through a hyper-inflation because of the sanctions. Đinđić returned to Serbia in July 1999, in a country angry against its President and craving change. Most of the opposition leaders began to understand the need to oust Milošević.

With the country facing an unstoppable political unrest, protests and new parties challenging him. Milošević announced anticipated presidential and parliamentary elections in 2000. This decision led to the creation of the Democratic Opposition of Serbia (DOS) in January 2000, mainly led by Đinđić’s Democratic Party and the Democratic Party of Serbia headed by his rival, Vojislav Koštunica.

The anticipated elections would give way to the so-called Bulldozer Revolution, which would force Milošević out of power and see Koštunica elected as new Yugoslavian President. The legislative election saw the DOS, winning approximatively 65% of the votes, leaving the Socialist Party of Serbia in the dust. Zoran Đinđić, being the DOS’ candidate for the post of Prime Minister, saw himself catapulted into one of the highest offices of the country.

A new Prime Minister for Serbia

Zoran Đinđić was sworn in as Serbian Prime Minister in January 2001. He immediately announced the complete cooperation of the Serbian government with the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia (ICTY). This would lead to the Democratic Party of Serbia led by Vojislav Koštunica disassociating from their coalition partner, since they didn’t agree with such a decision.

Serbia found itself in a difficult position, being embroiled into a deep economic crisis. The new government’s priorities under Đinđić were to revitalise the economy, fight corruption and to “invest fully in the youth.” He effectively believed that a freshly, newly educated generation raised into a free and democratic country would fully heal the wounds of Serbia and the Serbian people. He was known for being a man close of his people, and  could be regularly found in the streets talking to citizens. He also moved around all the country visiting factories and schools, taking the time to talk to the people who were in front of him.

The Prime minister with pupils of a primary school
The Prime minister with pupils of a primary school

The Prime minister, alongside his party, had a strong and powerful Europhile rhetoric. He effectively claimed that Serbia had for goal its accession to the European Union. He called the EU Serbia’s “fresh air. A family of modern, democratic and developed countries”. This policy of drawing closer to the West also showed Serbia’s will to step away from Russia, its traditional and historic ally. Zoran Đinđić managed to attract global attention and admiration thanks to the reforms he implemented in his fight for a globalised and functional Serbia, as well as for his thirst for justice and democracy. However, the attention he attracted was not all positive.

Đinđić’s assassination

The government led by the Democratic Party had many enemies, both in the political arena and within underground criminal groups. The conservatives were against most of the reforms that the progressive Prime Minister was pushing in the Serbian Parliament. The relationship between Đinđić and President Koštunica had also become strained, although in the past the two had been allies in their fight against Milošević. Moreover, one of the priorities of the Prime Minister had been to prosecute all the war criminals and to tackle the issue of mafia groups in the country, which led to him becoming a target for many of these groups.

The hatred that he had started gathering with his actions led to several elimination attempts in the coming years. Realising that the constant attacks would eventually be successful, Đinđić predicted his own assassination just a few weeks before it happened and was quoted saying:

If some people think they’ll stop the implementation of laws and reforms by removing me, then they are awfully mistaken, because I am not the system. The system will keep functioning and nobody will receive amnesty for committed crimes by removing one or two government officials.”

Zoran Đinđić was assassinated on the 12th March 2003, shot in the back by a sniper, affiliated to nationalist groups and the Zemun Clan, one of Belgrade’s mafia groups. He was 51 and had two young kids. Only a few days after his death – just a few days too late – the government finally enacted the “Operation Saber” to globally eradicate the mafia.

Funeral Procession of the Prime Minister
Funeral Procession for the Prime Minister

The country cried the death of the Prime Minister, especially the younger generation which Đinđić had inspired and given hope to. And yet, the shock and despair caused by such a tragic loss didn’t help Serbia at all and the consequences of the assassination of the Prime Minister are still there nowadays. The death of Đinđić was an enormous blow to the forming democracy and it showed the limits of his government. Without him, and without an energetic and charismatic leader, the rest of his government had trouble continuing the fast-paced reforms. The corruption came back in full-force, dramatically slowing Serbia’s progress towards democratisation.

A post-Đinđić Serbia

Serbia today is effectively a country that some would call a “jaded” country.  The governments which followed Đinđić’s were crippled by corruption problems. Matters such as the unilateral declaration of independence of Kosovo also empowered nationalistic parties such as the Serbian Progressive Party (SNS), which have ruled Serbia since 2012 with autocratic means.

The incredible lack of interest in politics nowadays could be explained by the lack of charismatic and dedicated opponents. It is also clear that the SNS has no interest in letting an opposition grow, and is relying on the state-controlled media to harass independent journalists and opponents. Đinđić’s Democratic Party, once representing the hope of a generation, is now a small and corrupted party.

Nevertheless, democratic institutions in Serbia do exist and challenging the actual government seems possible. However, it can’t be done without people dedicating themselves to this task, as difficult as it is. Pragmatically speaking, the situation is in a better shape than the one just before the Bulldozer Revolution. The satirical candidate in the 2017 presidential election, “Beli” mocked the government intelligentsia was the candidate generally supported by the youth. Beli also is the godson of Zoran Đinđić, quite ironically.

Let’s hope that some members of the younger generations will try to take the torch of hope and progress, which was borne by men like Đinđić. The struggle is probably not over for Serbia, but the legacy of the ones who tried to make it achieve something great still lives, even though some are trying to stifle it. It can be revived.

 

– Josselin Pérouse